À l’occasion des 150 ans de la IIIème République, nous vous proposons une rétrospective sur cette période à travers nos fonds !

L’Empire est mort, vive la République

Revenons en arrière. Nous sommes le 2 septembre 1870. La France et la Prusse sont en guerre, et ce jour-là se tient la bataille de Sedan, cuisante défaite pour la France du Second Empire. Ce dernier s’effondre et la République est proclamée, un Gouvernement de la Défense nationale est constitué. Il tente de poursuivre la lutte mais doit finalement se résoudre à signer une convention d’armistice, le 28 janvier 1871. Il y est indiqué que des élections législatives doivent être organisées afin d’élire une assemblée nationale chargée de trancher entre la poursuite des hostilités ou la conclusion de la paix avec la Prusse.

Le temps presse, l’armistice prenant fin le 21 février 1871. Par conséquent, l’Assemblée nationale est élue le 8 février, et tient sa première séance dès le 13 du même mois au Grand Théâtre de Bordeaux (Paris étant assiégée par les armées allemandes). Ce jour-là, le Gouvernement provisoire de la Défense nationale, représenté par le ministre des Affaires Étrangères Jules Favre, remet ses pouvoirs à l’Assemblée.

Quelques jours plus tard, Jules Grévy est élu à la présidence de l’Assemblée nationale, tandis d’Adolphe Thiers est nommé Chef du pouvoir exécutif de la République. 

Par la suite, le terme de « président de la République » est créé lorsque l’Assemblée nationale accorde ce titre à Adolphe Thiers le 31 août 1871. Il cumule alors cette position et celle de Chef du gouvernement exécutif.

Et Versailles dans tout ça ?

La Ville de Versailles entre sur le devant de la scène politique le 10 mars 1871 quand l’Assemblée nationale, considérant les menaces croissantes d'insurrection à Paris, décide de s'installer à Versailles. Elle occupera l’Opéra royal, seul espace suffisamment vaste pour accueillir les députés.

La Commune de Paris est instituée le 26 mars. Elle s’oppose au gouvernement d’Adolphe Thiers, ce qui n'empêche pas ce dernier de signer la paix entre la France et la Prusse le 10 mai à Francfort

Les événements liés à la Commune touchent directement Versailles puisqu’après la Semaine sanglante du 21 au 28 mai 1871, qui marque un terme au conflit, de nombreux Communards faits prisonniers sont emprisonnés à l’Orangerie puis dans le camp de Satory, où certains seront exécutés.

Naissance d’une république de droit

Le 24 mai 1873 marque une étape importante dans la définition du futur régime : en une journée, Versailles et ses habitants sont témoins de l’adoption d’une politique conservatrice par l’Assemblée nationale, la démission d’Adolphe Thiers de toutes ses fonctions et l’élection du maréchal de Mac-Mahon pour le remplacer. Mac Mahon est un général légitimiste, tout semble indiquer qu'une restauration monarchique est donc en marche. 

La loi du 20 septembre précise les pouvoirs du président de la République :

« le pouvoir exécutif est confié pour sept ans au maréchal de Mac-Mahon, duc de Magenta, à partir de la promulgation de la présente loi : ce pouvoir continuera à être exercé avec le titre de Président de la République et dans les conditions actuelles jusqu’aux modifications qui pourraient y être apportées par les lois constitutionnelles ».

L'objet de ce texte est de gagner du temps pour organiser la restauration. On remarque que le nom du président est précisé par la loi. 

Il faut finalement attendre l'année 1875 pour que la nature du régime soit vraiment précisée. 

Le 30 janvier 1875 , l'amendement de Henri Wallon est adopté à une voix près. Il précise que "le président de la République est élu à la majorité absolue des suffrages par le Sénat et la Chambre des députés réunis en Assemblée nationale. Il est nommé pour sept ans ; il est rééligible".

Sont ensuite adoptées les 24 et 25 février 1875 deux lois constitutionnelles, l’une relative à l’organisation du Sénat, l’autre relative à l’organisation des pouvoirs publics, dont ceux des fonctions du président de la République et du Chef du gouvernement.

Ces nouveaux textes en vigueur sont affichés partout dans Versailles et dans le reste de la France, informant les citoyens et citoyennes de cette décision majeure pour l’histoire politique du pays.

Une troisième loi constitutionnelle datant du 16 juillet vient consolider le système établi en définissant les rapports entre les pouvoirs publics.

Ces textes sont des compromis entre monarchistes et républicains, et si la IIIème République existe enfin en droit, ces lois constitutionnelles ne sont pas une Constitution.

La république dans les archives

Les lois constitutionnelles ont des conséquences directes sur le paysage versaillais. Comme il y a désormais deux chambres, il est décidé que le Sénat utilisera l’Opéra royal, tandis qu'une salle des séances est élevée entre mai et novembre 1875 pour la Chambre des Députés dans l’aile du midi du Château.

Les députés y tiennent séance jusqu’à leur retour à Paris après la loi du 22 juillet 1879. Les séances sont publiques, il est même envisagé de tracer une ligne de chemin de fer jusqu'aux portes de la Chambre des députés.

Toute cette période entraîne bien sûr la production de documents notamment iconographiques avec des gravures ou des dessins humoristiques, qui témoignent de la vie versaillaise entre 1871 et 1879.

Réouverture du Grand Théâtre, dessin humoristique. Gravure Yves & Barret, 2ème moitié du XIXème siècle. 
Coll. ACV, 3Fi103.

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